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Dominique Seau - invité du mois de The Connecting Place

Directeur Marketing à 28 ans, Directeur Général à 31 ans…et aujourd’hui Président et actionnaire du groupe Eminence, aux côtés d’un fonds d’investissement et du management.
Acteur et producteur de sa propre vie, ce président entreprenant peut déjà témoigner d’une carrière riche : en découvertes, en émotions, en rencontres.

Car Dominique Seau aime à conjuguer projets professionnels et projet de Vie : avec une harmonie qui est très liée à ses valeurs… à son ouverture culturelle – entre autres.
Et avec toujours une même vision : la marque au cœur de la stratégie ; le produit au cœur de la marque ; la valeur ajoutée visible au cœur du produit. Et la confiance en l’Homme, pour transcender tous les projets.

« Dominique Seau : l’homme, l’entrepreneur, le 2.0 »

… C’est l’invité du mois de The Connecting Place.

Parti du Gard il y a 45 ans, sa trajectoire classique passe par l’ESC Reims, avant de s’engouffrer de plein pied dans le management par le marketing, dans le secteur du luxe et du cosmétique, chez L’Oréal.
Fils d’Officier, il marche sur les traces, ou plutôt le sillon de son père et profite de son service militaire pour devenir Officier de Marine. Le goût de l’aventure, la volonté de naviguer et de partir à la rencontre de richesses, de langues et de nouveaux horizons vont permettre à cet homme de réaliser son projet le plus cher : faire le tour du monde avant 30 ans.

En 1994, à 28 ans, il part créer le service Marketing des Laboratoires Garnier en Russie : ambiance « start-up » pour le jeune Directeur, qui construit avec zéro budget (« poètes et paysans » – c’est la devise des managers du groupe : poètes, pour l’imaginaire L’Oréal ; paysans pour le bon sens) et pousse le CA à 150 millions d’euros, avec une équipe qui passe de 30 à 400 personnes en 3 ans.

A 31 ans, il est Directeur Général Division Grande Consommation de L’Oréal Russie, lorsqu’en 1998 le rouble perd 80 % de sa valeur en une dizaine de jours. L’expérience est douloureuse : il s’agit de préserver les intérêts du groupe, mis aussi des hommes et des femmes qu’il doit aider à surmonter cette épreuve(…). Mais sans excès de paternalisme.

Puis, ce sera Copenhague où il découvre de nouveaux modes de vie et de travail. Oublié le modèle marketing traditionnel, ici, il faut s’adapter à des méthodes modernes et retravailler ses fondamentaux : positionnement du chef d’entreprise, qualité de l’environnement au travail… Dominique apprend à ne pas se mettre en avant en tant que chef, mais, au contraire, à savoir s’entourer et à constituer un groupe de spécialistes : pour motiver ses troupes, il faut savoir les guider tout en se plaçant derrière elles ; donner des directives tout en laissant place à l’autonomie ; avoir le sens des responsabilités partagées. Les projets sont à visée économique, mais aussi sociale. La Valeur Ajoutée est incontestablement humaine.

2 ans ont passé.

11 ans chez L’Oréal – et c’est le moment de rejoindre LU et le Groupe DANONE. À Prague.
Il prend en charge l’Innovation et le Marketing, puis la Direction Générale Marketing de LU en France.

En 2004, TRIUMPH INTERNATIONAL lui propose une toute nouvelle expérience : dans l’univers du textile. Notre Gardois débarque à Obernai, en Alsace, avec les fonctions de DG Marketing & Commercial. Deux défis s’imposent à lui. L’un personnel : se faire accepter dans un groupe à la culture germanique, et relancer le marché des sous-vêtements masculins.
Il repositionne la marque Sloggi (avec la complicité de Yannick Noah) et réussit l’implantation du groupe dans l’univers de l’hyper.

Aujourd’hui de retour dans le Gard avec sa famille, Dominique Seau s’est lancé un nouveau défi : rebâtir la stratégie internationale de la marque Éminence, dont il est le Président depuis 2007, dans le cadre d’un LBO.

« Il n’est pas de vent favorable pour celui qui ne sait où il va », Sénèque.

Cette maxime, il aime à se la répéter et à la partager avec ses associés pour la mettre en application, tant dans les eaux claires que dans la tempête qu’il ne tarde pas à rencontrer. Pour faire face à la crise, il déploie une stratégie de consolidation de ses marques phares (Athéna et Eminence), et rend visible l’expertise de Éminence auprès de nouveaux publics. Le sport sera l’un des ports d’ancrages de la marque – avec un partenariat très en vue avec Roland Garros.

Les budgets médias sont forcément limités pour les marques textiles qui n’ont pas les mêmes marges de manœuvres que celles qu’il a connues dans le luxe par le passé. Il faut être malin, opportuniste, contagieux, et rassurer les acheteurs de la distrib sur les rotations à venir. Dans cette situation, le web 2.0 offre une formidable opportunité. Mais avant de se lancer dans cette voie, il faut bien définir la stratégie. Et dans la stratégie, les valeurs que portent la marque et le produit, issus de l’adn de la société.

Car ce sont ces éléments qui vont agir comme des agents actifs, et faire la réussite du déploiement viral organique sur la webosphère. Certes, le capital de sympathie est élevé ; les occasions et les envies de partager sont nombreuses. La réflexion amorcée sur l’e-réputation s’accompagnera d’une analyse fine du ROI attendu par l’entreprise sur les différents canaux de communication investis. Mais au-delà de ces confidences, les projets sont encore très confidentiels.

Pour Dominique Seau, l’entrepreneur dans la société aujourd’hui…

. Doit montrer les qualités de l’homme spirituel (qui s’élève, grandit, se motive).
. Dans l’idéal, voit la réalité en 3D : interdépendance, enseignement et dynamisme.
. Capte les signaux faibles, il anticipe « pour que les éventuelles fissures ne deviennent jamais des crevasses ».
. Relie ses convictions et même sa Foi sans imposer de certitudes, et toujours dans le respect de l’Autre.
. Libère des énergies positives, œuvre pour le bien commun (commerce équitable, par exemple), coopère.
. Prend des décisions, s’expose, tout en se plaçant au milieu des autres.

Sa finalité reste sinon humaniste, du moins très humaine. Pour lui, le premier impact sociétal, c’est déjà de contribuer au mieux-être commun.

Il lit : Le Moine et le Lama de Frédéric Lenoir
Il écoute : Astrud Gilberto et Stan Getz
Il regarde : Le Printemps, l’Eté, l’Automne, l’Hiver et le Printemps de KIM KI-DUK